L’environnement développemental en Afrique se caractérise par des instabilités politiques et économiques, une situation sécuritaire précaire, des effets du changement climatique de plus en plus aigus, et une exacerbation de la dégradation des ressources naturelles. A cela s’ajoutent un niveau d’illettrisme élevé des populations, le déficit technique des producteurs, l’encrage de l’esprit de subsistance, les pesanteurs sociales, le manque d’opportunités d’affaires dans les villages, et l’absence d’institutions de micro finance ou l’inadaptation des politiques de crédits pour les populations rurales et les couches défavorisées. Ainsi piégées entre la pauvreté et la multiplicité des besoins primaires (santé, alimentation, scolarisation des enfants, autres besoins sociaux), etc., une forte majorité des populations vivent directement des ressources naturelles avec moins de $US2 par jour. L’analphabétisme en particulier, ne facilite pas les apprentissages, la créativité, l’entreprenariat et la diversification des sources de revenus. Dans un tel contexte, le développement exige une bonne complémentarité entre, d’une part, les subventions instrumentales tels la construction d’infrastructures communautaires de base (écoles, postes de santé, points d’eau, etc.), et l’octroi d’équipements et de matériels collectifs (petits équipements, animaux, plants d’arbres, semences, etc.), et d’autre part, les subventions transformatives (actions de sensibilisation, de formations techniques et professionnelles), le tout régi par une politique de rédevabilité bien appliquée. Même si les deux formes de subventions étaient réunies, le développement resterait toujours compromis à cause de la faible synergie d’actions entre les fournisseurs de services techniques et les fournisseurs de services financiers (SFD et banques) qui n’encourage pas l’entreprenariat. Dans le cas de la micro finance par exemple, la plupart des petits producteurs vulnérables utilisent souvent leurs fonds de micros crédits pour satisfaire leurs besoins primaires, et n’arrivent pas à les rembourser convenablement ; ce qui fait penser que la micro finance telle qu’isolément pratiquée ne soutient que la subsistance.

Au regard de la complexité du problème, ASUDEC pose l’hypothèse que ses subventions basiques matériels et techniques permettront aux ménages entreprenants de générer assez de revenus pour satisfaire leurs besoins primaires ; ce qui leur évitera d’utiliser les fonds de crédits qu’ils contracteront éventuellement pour satisfaire les mêmes besoins et ne pas pouvoir les rembourser convenablement. Par conséquent, les crédits contractés seront investis pour intensifier leurs activités de production ou pour diversifier leurs sources de revenus et renforcer la résilience générale de leurs ménages.