IMG 20190823 113407 4

ASUDEC a reçu ce 23 août 2019 sur son site d’expérimentation à Gampéla, le coordonnateur du projet International Livestock Research Institute (LSIL) dont elle bénéficie de l’appui. Lors de cette visite, Isidor Gnanda a apprécié l’avancé de la réalisation du projet. Il a également émis le souhait que les étudiants présents sur le terrain puissent en tirer d’énormes leçons, afin de pouvoir défendre leurs sujets de mémoires de fin de cycle.

Gampéla, est une localité située à environ 25km à l’EST de Ouagadougou, et c’est à cet endroit que l’ONG ASUDEC a choisi de conduire des expériences sur la productivité de la pintade locale en partenariat avec l’Université de Georgie aux Etats Unies et l’Université Nazi Boni à Bobo-Dioulasso sous le financement du Livestock Systems Innovation Lab basé en Floride. En effet, l’insuffisance en protéines d’origine animale dans l’alimentation humaine est l’apanage des pays d’Afrique subsaharienne. De nos jours, il existe un déphasage entre l’offre de la production animale et la demande des populations dans la région d’Afrique de l’ouest, notamment au Burkina Faso. Pour cela, l’aviculture locale autrefois pratiquée principalement en milieu rural est désormais l’affaire des producteurs en milieu urbain et périurbain.

DSC07138   copieParmi les oiseaux domestiques, la pintade sera plus avantageuse que les autres, surtout sur le plan économique. Malheureusement elle tend à pondre saisonnièrement et est une mauvaise couveuse ; d’où l’utilisation des poules pour éclore les œufs. Ces dernières ne pouvant pas couver ces grandes quantités d’œufs en quelques mois, on assiste à des ventes massives d’œufs de pintades à travers le pays, entravant la production de plus de pintades pour plus d’œufs et de revenus. Aussi, même avec leurs petits effectifs de volailles, nombreux sont les ménages qui n’arrivent pas à les nourrir convenablement par manque d’aliments de qualité, d’où l’utilisation des termites qui se font d’ailleurs de plus en plus rare du fait de la désertification, et surtout, la pratique de l’aviculture extensive que l’on sait peu productive.

IMG 20190823 095954 0Le consortium de recherche veut donc trouver une solution. Premièrement, un stockage des œufs en période de forte ponte pour des couvaisons programmées dans le temps ; deuxièmement une meilleure productivité de la pintade à travers l’amélioration de l’alimentation et de la nutrition. Pour ce faire, les chercheurs veulent produire des asticots (larves de mouches) pour les incorporer dans les rations alimentaires à la place du poisson ou du soja. Parallèlement, ils développeront un paquet technologique complet pour l’élevage de la pintade locale et la production et l’utilisation des asticots à l’attention des petits producteurs comme des investisseurs privés.

IMG 20190823 105040 3Sur le site de recherche à Gampéla des constructions sont faites dans le cadre du projet LSIL « Les infrastructures comprennent, sur l’aile gauche un hangar protégé pour la production des asticots, et un poulailler abritant des poules couveuses des œufs de pintades ; Sur l’aile droite sont construites 12 loges composées chacune d’un abri et d’un petit parcourt externe bien protégé de grillage, destinées à recevoir les lots de pintadeaux pour les tests de nutrition. Plus au fond trouve un poulailler abritant plus de 80 pintades reproductrices pour la production des œufs » explique le directeur de l’ONG Salibo Somé à son hôte d’un jour.

L’éducation étant l’objectif primordial de ASUDEC, deux étudiants de fin de cycle au département d’élevage de l’Institut du Développement Rural (IDR) de l’UNB ont été intégrés dans le projet pour un stage de dix mois. Pendant que BANHORO Daniel travaillera sur le stockage des œufs et la production des pintadeaux, KERE A. Bassiniwendé lui, se concentrera sur la production des asticots et l’évaluation des rations alimentaires. Ils seront suivis plus spécifiquement sur le plan pédagogique par le Prof. Nianogo J. Aimé et Dr Salimata Pousga, membres de l’équipe de recherche.

IMG 20190823 114302 4Selon le coordonnateur Isidor Gnanda, le projet International Livestock Research Institute (LSIL) en français institut international de recherche sur le bétail a débuté en 2016 et prendra fin en 2021 ; Mais déjà, Dr Isidore Gnanda salut les résultats constatés sur le terrain. « Les équipes que constituent le consortium LSIL se battent bien sur le terrain malgré les retards administratifs au niveau des partenaires. Ce sont des équipes très engagées comme c’est le cas de l’équipe de ce projet. On est fier de cela» se réjouit M. Gnanda. Il poursuit que le programme est une initiative dans le cadre de l’USAID portant exclusivement sur l’élevage. Ces regroupements de chercheurs visent à produire des résultats pour impacter la nutrition humaine. Il salue la bravoure des étudiants de par leur travail sur le terrain et espère qu’au sortir des 10 mois de stages qui leurs sont accordés ils puissent en tirer bénéfices.